La Croix, Le Monde, Le Figaro
Denis Sergent indique dans La Croix que « des chercheurs ont trouvé le moyen de supprimer les groupes sanguins. Une découverte révolutionnaire qui pourrait, à terme, mettre fin au manque de dons ».
Le journaliste se penche en effet sur « la découverte réalisée par une équipe franco-américaine rassemblant des biologistes du CNRS, de l’université Aix-Marseille et de la société américaine ZymeQuest », dont les travaux ont été publiés dans Nature Biotechnology.
Denis Sergent explique que « les biologistes ont cherché un moyen de se débarrasser des antigènes » des groupes sanguins A, B et AB, caractérisés par les molécules de sucres présentes à la surface des globules rouges.
« Et c’est un peu par hasard qu’ils ont trouvé, parmi un millier de bactéries, une paire de «ciseaux biochimiques». Il s’agit de deux familles d’enzymes provenant de bactéries intestinales ou vivant dans le sol, et qui sont capables de couper les sucres », poursuit le journaliste.
Gerlind Sulzenbacher, ingénieur de recherche CNRS à Marseille, déclare ainsi que « les propriétés uniques et la grande efficacité de ces enzymes permettent d’envisager la conversion à grande échelle des groupes sanguins ».
Denis Sergent note que « des brevets ont été déposés pour les deux groupes A et B, et un essai clinique de phase II (détermination de la dose optimale de globules transférés) est en cours aux États-Unis pour le groupe B ».
Gerlind Sulzenbacher précise toutefois qu’« avant que ce procédé ne soit éventuellement approuvé, il faudra attendre entre 3 et 5 ans ».
Le Dr Bernard David, directeur médical de l’Etablissement français du sang, remarque quant à lui que « c’est une piste de recherche très intéressante. Mais il y a encore un pas à franchir avant de maîtriser cette technique avec des milliards de globules rouges et de pouvoir l’appliquer en thérapeutique humaine. On aura encore besoin des donneurs de sang ».
Jean-Yves Nau constate également dans Le Monde qu’« une équipe internationale de biologistes annonce avoir identifié deux familles d'enzymes qui pourraient permettre de transformer des globules rouges sanguins des groupes A, B et AB en globules identiques à ceux présents dans le sang des donneurs dits "universels", c'est-à-dire ceux du groupe O ».
Le journaliste remarque que « la possibilité d'obtenir, à l'avenir, une conversion in vitro des groupes sanguins A, B et AB en groupe O bouleverserait les pratiques transfusionnelles et la gestion des stocks sanguins. Elle réduirait aussi les risques d'erreurs aux conséquences parfois mortelles et constituerait donc une avancée thérapeutique de première ampleur ».
Jean-Michel Bader aborde aussi dans Le Figaro cette découverte de chercheurs de la firme ZymeQuest, du CNRS de Marseille et de l'université de Copenhague.
Le journaliste note qu’« une telle découverte de laboratoire, […] si elle franchit avec succès les essais cliniques humains en cours, serait une révolution formidable de la transfusion sanguine, étant donné la rareté actuelle des donneurs universels ».
Jean-Michel Bader relève toutefois qu’« à l'Institut national de la transfusion sanguine, on reste très réservé ».
Le Pr Phillippe Rouger déclare ainsi : « On est plus dans le business d'annonce que dans la science. Rien ne dit que tous les antigènes A seront décapés. Ou alors il faudra utiliser des doses énormes, 10 à 100 fois supérieures, à des coûts faramineux ».
Jean-Pierre Cartron, directeur scientifique de l'INTS, remarque quant à lui : « Attendons la fin des essais cliniques pour nous prononcer ».

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