(Le Devoir 02/05/2007) 

Le Secrétaire général des Nations-unies (Onu), Ban Ki-moon a rappelé lundi soir à la communauté internationale le génocide rwandais de 1994 et a appelé tout le monde à "ne jamais s’arrêter de travailler pour prévenir un autre génocide".

M. Ban Ki-moon a fait cette déclaration à l’ouverture d’une exposition au siège des Nations-unies à New York, portant sur les leçons à tirer du génocide rwandais de 1994. "La prévention du génocide est une responsabilité collective et individuelle", a-t-il déclaré, soulignant que les gouvernements, les médias, les organisations religieuses, la Société civile et même les individus ont un rôle important à jouer dans la prévention du génocide. Il a ainsi appelé les Etats membres de l’Onu à donner une "signification réelle" au principe qui leur donne la responsabilité de protéger les populations exposées au génocide ou aux crimes de guerre, principe sur lequel ils ont convenu lors d’un sommet mondial en 2005.

"En ouvrant cette exposition, nous pensons aux victimes, les plus de 800.000 personnes innocentes qui ont péri de manière terrible. Puissent-elles continuer à reposer en paix", a-déclaré le patron de l’Onu lors de cette cérémonie chargée d’émotion. Il a aussi rappelé la visite qu’il a faite dans un mémorial du génocide au Rwanda avant sa nomination au poste de Secrétaire général des Nations unies et a souligné que l’impression qu’il a eue lui restera toujours dans l’esprit. "Toute personne qui se rend à cet endroit ne peut pas revenir sans pleurer, sans se sentir très humiliée par ce qui s’est passé et par le fait que la communauté internationale n’ait pas réagi à temps", a- t-il ajouté. "Nous pensons aussi aux survivants dont la résistance continue de nous inspirer, à nos collègues de la famille des Nations unies qui sont tombés dans leur mission de maintien de la paix, ainsi qu’aux civiles qui ont péri dans l’exercice de leur devoir pendant le génocide", a-t-il ajouté.

Cette exposition, qui avait été reportée au début de ce mois et qui a finalement eu lieu dans le hall des visiteurs du siège des Nations unies, est une chronique de ce qui s’est passé au Rwanda. Elle met en exergue le rôle des nations dans la prévention du génocide, souligne la détresse des victimes, particulièrement celles qui ont souffert de violence sexuelle et expose en détail les signes d’avertissement contre le génocide. Elle est organisée par une Ong basée au Royaume-Uni, Aegis Trust, en partenariat avec le Département de l’information des Nations unies (Dpi) et va durer trois semaines. Elle comprend aussi des dizaines de panels d’informations ainsi qu’un film sur le témoignage de trois femmes qui ont survécu au génocide. L’exposition avait été arrêtée le mois dernier après que les diplomatiques turcs aux Nations unies se sont opposés aux références faites au génocide arménien en Turquie pendant la première Guerre mondiale.

(Pana)

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